L’enfant avant 3 ans

Très peu de Poney-Clubs accueillent des enfants de moins de 3 ans.

S’il est bien évidemment impossible d’enseigner l’équitation à cet âge, on peut sensibiliser les enfants au contact avec le poney dès 18 mois (dès que sa tête est assez grande pour porter un casque !).

L’objectif est d’apprendre à interagir avec un être vivant qui ne parle pas, et de développer l’équilibre, l’aisance, les perceptions sensorielles, l’autonomie, la confiance en soi.

Durée : 15 à 30 minutes.

La présence des parents doit être rassurante.

Repères concernant le développement de l’enfant avant 3 ans

La croissance osseuse :

L’os grandit pendant 6 mois en largeur, puis pendant 6 mois en longueur et ainsi de suite.

Pour un même membre cette croissance est alternée : au niveau du membre supérieur par exemple pendant que le bras s’allonge l’avant-bras s’épaissit et inversement.

Au niveau physiologique :

Croissance intense :

  • 70 cm à 1 an
  • 85 cm à 2 ans
  • 95 cm à 3 ans

Au niveau psychomoteur :

L’enfant explore, prend, jette, reprend, touche à tout, regarde et accumule les expériences.

Ses mouvements paraissent désordonnés, maladroits, parfois inutiles : en fait il essaie, il apprend.

Au niveau psychologique :

Le tout jeune enfant a besoin de sécurité affective, et celle-ci est liée au caractère répétitif des expériences, à la satisfaction des besoins, à l’apaisement des tensions.

Quand il ne reconnaît pas la sensation habituelle, il y a frustration, insécurité, angoisse.

Mais c’est à partir de cette frustration qu’il va découvrir que le monde extérieur a des exigences et pose des interdits.

C’est vers 2 ans ½ que la phase d’opposition à l’adulte est la plus marquée.

Au niveau intellectuel :

Vers 16 à 18 mois commence la période d’imitation qui va durer plusieurs années.

Cela paraît simple mais suppose en fait que l’enfant a observé un geste et se le représente pour l’appliquer à son propre corps.

Entre 1 et 2 ans, le vocabulaire passe de 2 ou 3 mots à 225 environ !

Jusqu’à 2 ans on a souvent des mots-phrases : “poney” peut signifier “je voudrais voir le poney”, ou autre chose !

De plus en plus, l’enfant veut connaître le nom des choses.

Au niveau relationnel :

Avant 3 ans, l’enfant est exclusivement tourné vers lui-même.

Ses véritables relations concernent surtout son entourage proche (famille) et les adultes qui lui servent de repères : à la crèche, à l’école…

Il expérimente le partage, le conflit, les interdits, les rythmes et les rites de la vie en collectivité.

Il fonctionne sur un mode affectif : il communique uniquement s’il aime : ce sera pareil avec le poney et l’animateur !

L’avis du pédiatre

Il n’y a aucun inconvénient particulier à faire monter un enfant à poney.

L’équitation véhicule beaucoup d’images reçues : le jockey de petite taille (il s’agit en l’occurrence d’une sélection et non d’une conséquence), le vieux cavalier aux jambes arquées et perclus de “problèmes de dos”…

En réalité, l’équitation ne retentit nullement sur la croissance.

Elle peut même jouer un rôle bénéfique : la position à cheval (épaules en arrière, bassin en avant) aident à lutter contre les attitudes de “dos rond” que présentent certains jeunes.

De plus, l’équitation fait travailler les muscles en symétrie et aide à construire une bonne sangle abdominale ainsi qu’une forte musculature dorso-lombaire, qui constitue un précieux soutien pour une colonne vertébrale en croissance.

Quant aux jambes arquées, elles ne sauraient résulter d’une pratique amateur de quelques heures par semaines !

L’équitation est même utilisée pour la rééducation de certains handicaps.

Elle développe des fonctions neurologiques essentielles : équilibration, latéralisation, intégration du schéma corporel dans l’espace.

Docteur Jacques Chalon, revue “Avantages”

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